« La malédiction de Gabrielle 2, A l’ombre du diable » – Andrea Japp (Flammarion) * un deuxième tome réussi

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1348. La peste noire sème la peur et la mort dans le royaume de France et dans toute l’Europe. Les Français meurent par centaines de milliers, abandonnant aux bêtes et aux pillards des quartiers, voire des villes entières. Des familles disparaissent, des enfants deviennent orphelins, des hommes veufs, des femmes chefs de familles. Aucun doute, la société française dans son ensemble se trouve bouleversée.

C’est dans ce contexte que nous retrouvons Gabrielle, héroïne de cette saga historique que nous avions laissé tout juste rescapée de la Peste, et en deuil de son premier enfant, mort avant même de naître. Mais plutôt que de se morfondre, la jeune femme décide de faire de ce coup du sort une force, et de tirer parti de la confusion ambiante. Faisant fi des valeurs que sa bonne éducation lui a inculquées depuis sa naissance, Gabrielle va apprendre à travestir la vérité, à manipuler les sentiments, les apparences et les hommes, et surtout, prendre en mains son destins. Lancée sur les routes avec sa fidèle Adeline, elle sillonne une France exsangue et traumatisée et joue de son statut de femme présumée enceinte. La jeune femme se révèle alors pleine de ressources : qu’il s’agisse de trouver nourriture, vêtement ou protection, Gabrielle relève tous les défis. Et si finalement cette Peste et ses conséquences s’avéraient pour elle être le tournant décisif de sa vie ?

Avec toute la rigueur historique que nous lui connaissons, Andrea Japp déroule un deuxième opus bien plus convaincant que le premier tome qui nous avait laissé un amer goût de déception. L’intrigue est plus dense et plus intéressante, les obstacles auxquels les deux femmes font face et les ressources qu’elles déploient pour les dépasser enrichissent un roman historique à la hauteur de ce qu’a l’habitude de nous offrir Andrea Japp. On aime toujours autant la façondont l’auteur mêle fiction et Histoire, nous donnant à voir tout à la fois les mœurs d’une époque, mais aussi les impitoyables jeux de pouvoir à la Cour, les superstitions qui motivaient les hommes, la géopolitique d’une Europe décimée et en proie à d’éternelles guerres, les avancées si lentes de la science, … On se passionne aussi et en parallèle pour un destin de femme forte, déterminée à atteindre ses objectifs et à braver des interdits que seuls ses jupons lui imposent. C’est – enfin ! – dans l’adversité de ce deuxième tome que le personnage de Gabrielle prend du corps et déploie ses ailes et son potentiel. De quoi nous laisser espérer un troisième tome extrêmement intéressant !

Une femme, Janine Boissard, Flammarion

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Janine Boissard est l’une des plus populaires romancières françaises, et j’avoue n’avoir jamais ouvert un seul de ces livres, qui ont pourtant été nombreux, et pour beaucoup adaptés en films ou séries télévisées.  L’esprit de famille, Une femme en blanc, Marie-tempête… ça vous parle ?

Après avoir écrit de nombreux romans, Janine Boissard se lance cette fois dans quelque chose de plus personnel, plus intime. Une autobiographie dans laquelle elle dévoile son enfance, ses difficultés à l’école, et son rêve ; devenir écrivain. Rêve qui quelques années plus tard, se réalisera.  Elle raconte sa jeunesse, son mariage, ses enfants, puis par la suite ses petits-enfants. Elle nous narre sa vie d’écrivain, les rencontres qui ont changé sa vie, ses succès, ses échecs. LA vie d’une femme avec ses hauts et ses bas, ses rêves, ses espoirs. Lire la suite

Le fléau de Dieu, Andrea H. Japp, Flammarion

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« 1347. La Peste noire frappe le port de Marseille. 1348. Paris. Gabrielle d’Aurillay, 20 ans, mariée depuis deux ans à Henri, enceinte, est convaincue d’avoir épousé un prince charmant, en dépit de la modicité de leurs moyens. Jusqu’au jour où, atterrée, elle découvre que son époux n’est pas qui elle croit. Joueur, trousseur de puterelles, escroc, il est aussi en possession d’un diptyque énigmatique. Que recèle ce tableau ? Que signifient les phrases écrites en hébreu qu’il dissimule ? Est-il porteur d’un lourd secret, d’un message occulte ? Geoffroy d’Aurillay, chanoine et cousin d’Henri, connaît cette oeuvre et met tout en branle pour s’en emparer. Quand la peste gagne Paris, le destin de tous bascule. Gabrielle doit enfin devenir la femme qu’elle ne rêvait pas d’être : celle qui décide et se prend en main. Au péril de sa vie comme de celle des siens. Y parviendra-t-elle ? Et si seul Dieu – ou le diable – connaissait la réponse ? »

Sweetie en avait parlé il y a quelques temps, et c’est également une déception pour ma part.

L’histoire, écrite en vieux français, n’est pas toujours évidente à suivre ; il m’a fallu relire plusieurs fois les phrases pour en comprendre le sens, ce qui coupe la lecture de manière constante et ne permet pas de s’immiscer dans l’histoire. Au contraire, confusion et incompréhension s’installent.

S’ajoute à cela une foule de notes de bas de page. Chaque page en possède et pas qu’une seule… Et elles accentuent malheureusement les coupures dans la lecture, en plus du texte déjà difficile à suivre. Ce qui ne pas permit d’apprécier l’histoire à sa juste valeur, qui pourtant m’avait paru intéressante.

Déception me concernant mais ce livre correspondra plutôt aux amateurs d’Histoire et surtout, amateurs de vieux français !

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« Les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour – L’évasion de Richard Cœur de Lion et autres aventures » de Jean d’Aillon (Flammarion) * un régal d’histoires et d’Histoire

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Quel plaisir de retrouver Guilhem d’Ussel dans ces nouvelles aventures à travers l’Europe moyenâgeuse. Avec le talent, l’intelligence et le courage que nous lui avons découvert notamment dans Marseille, 1198 et De taille et d’estoc, notre valeureux et repenti chevalier troubadour entreprend de se racheter de certaines actions et décisions malheureuses prises dans sa jeunesse en volant non seulement au secours des faibles, des femmes et des opprimés, mais aussi à celui de la justice.
Car au Moyen-âge comme aujourd’hui, les hommes et les femmes étaient enclins à persécuter leurs semblables au nom de leurs ambitions et de leurs intérêts, malmenant, tuant, torturant sans toujours de raison valable. Au cours de ses pérégrinations et de ses rencontres, le voici lancé dans une affaire visant à libérer Richard Cœur de Lion de sa prison dorée, dans une enquête cherchant à dénoncer les manigances d’une épouse ou d’une sœur, à dévoiler des complots redoutables, à percer le mystère de soi-disant miracles ou encore à rendre justice à un village opprimé. Page après page, Jean d’Aillon nous rappelle à quel point Guilhem nous est sympathique malgré ses défauts et ses errances passées et en fait un enquêteur hors pair bientôt sollicité par ses contemporains. Les faits historiques sélectionnés par l’auteur sont passionnants et constituent de parfaits décors aux aventures de notre chevalier troubadour ; les personnages et faits historiques se mêlent admirablement aux éléments nés de l’imagination de Jean d’Aillon, formant un ensemble cohérent et un roman historique de haut vol.
Jean d’Aillon nous donne à voir une nouvelle fois toute l’étendue de son talent, nous régalant d’Histoire et d’histoires, nous faisant rêver d’amour courtois et de joutes hardies, de preux chevaliers, de gredins diaboliques, et nous ouvrant les portes d’une époque résolument riche et complexe.

« Le Fléau de Dieu – I : La malédiction de Gabrielle » d’Andrea H. Japp (Flammarion)* déception du weekend

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1347. Arrivée par bateau à Marseille, la peste noire commence sa marche meurtrière sur l’Europe. Encouragée par la peur des uns et l’inertie des autres, elle se propage comme une trainée de poudre et commence à décimer la population.

1348 à Paris. Gabrielle est une jeune femme mariée et enceinte de son premier enfant. Bercée par les textes d’amour courtois, elle voit en son mari un prince charmant échappé des contes de fée. Pourtant, elle va rapidement déchanter : leurs conditions de vie sont plus que modestes, et il passe de plus en plus de nuits à l’extérieur, rentrant ivre, marqués de bleus et portant l’odeur de femmes de mauvaise vie. Un jour qu’elle cherche dans un de ses coffres l’une de ses maigres propriétés, elle tombe sur un superbe diptyque richement illustré et sur lequel de mystérieuses inscriptions en hébreu semblent déchainer les plus vils hommes de l’époque. En parallèle de l’histoire de Gabrielle nous est donc présenté celle de cette œuvre d’art interdite, secrète et peut-être même tendancieuse ; quoiqu’il en soit, il semble lui aussi être précédé par la Mort et la malédiction et laisse derrière lui nombre de cadavres.

Dans cette époque troublée, Gabrielle va devoir accepter de voir le monde tel qu’il est et non tel qu’elle se l’est longtemps représenté ; malheureuse dans un premier temps, elle se révolte vite contre sa naïveté et sa condition de femme et entreprend de mener son propre destin tel qu’elle l’entend. Si les autres mentent et trichent, qu’à cela ne tienne : elle jouera avec leurs armes pour sauver sa vie et celle de ceux qu’elle aime. Car la peste frappe aux portes de Paris et n’épargne ni les riches, ni les puissants, ni les bons. Comme beaucoup, il lui faut alors fuir et tout abandonner, espérant trouver ailleurs de quoi recommencer sa vie.

Si l’on est encore une fois séduit par la qualité de l’intrigue mise en scène par l’auteure, nous ne pouvons cette fois que regretter qu’elle prenne très largement le pas sur les faits historiques. Ils sont la plupart du temps relégués en notes de bas de pages (somme toute très claires et éclairantes, bien que très très très nombreuses !) et estompés dans les méandres des aventures de Gabrielle et du diptyque. A noter aussi que si l’intrigue fonctionne, elle n’est en rien originale et finalement ne nécessitait pas forcément les 360 pages sur lesquelles elle court. Bref, ce premier tome du Fléau de Dieu, La malédiction de Gabrielle n’est pas et loin s’en faut le meilleur roman d’Andrea H. Japp et ne me mènera probablement pas à la lecture du suivant…