Le pays du soleil rouge (Elizabeth Haran, L’Archipel)

Lara Penrose est parvenue, à force d’éducation et d’obstination, à décrocher une bonne place en tant qu’institutrice ; elle donne ainsi des cours particuliers à un petit garçon qu’elle adore et qu’elle a entrepris de protéger d’un père tyrannique qui ne recule devant rien pour modeler le garçonnet à son image. Lara prend sur elle de ne pas trop intervenir – même si elle n’en pense pas moins – jusqu’au jour où elle assiste à une correction musclée. Ni une ni deux, elle intervient pour protéger son élève. Malheureusement, dans l’altercation, le père est blessé ; si Lara n’y est pour rien, c’est sa parole contre la sienne et la justice favorise souvent les puissants…. Elle est alors forcée, pour échapper à la prison, d’accepter une mission d’enseignement en Australie d’où elle est encouragée à se faire oublier. Malgré son peu d’empressement à traverser le monde pour laisser son père derrière elle et la découverte d’un village – Shady Camp – désolé et perdu au milieu des marécages infestés d’insectes et de crocodiles, Lara va pourtant encore une fois mettre tout en œuvre pour retrouver le contrôle de sa vie et se créer un environnement le plus favorable possible. Il est même possible qu’elle finisse par trouver l’amour et échappe à la Deuxième Guerre mondiale qui menace puis éclate, menaçant rapidement de toucher aussi l’Australie. Lire la suite

Le somnambule, Sebastian Fitzek, L’Archipel

Leo Nader vit avec son épouse Nathalie une vie paisible. Elle est photographe et possède une galerie d’art. Il travaille dans l’immobilier et ne compte pas ses heures. Tous les deux vouent leur vie à leur travail, mais sont heureux et il ne manque que l’enfant qu’ils essayent en vain d’avoir.

Alors lorsqu’en pleine nuit, sa femme fait ses valises, le visage tuméfié, Leo craint que ses crises de somnambulisme ayant perturbé son enfance n’aient recommencé. Il reprend contact avec le psychiatre qui l’a suivi pour tenter de comprendre pourquoi ses problèmes reviennent et récupérer Nathalie.

Mais ce qu’il va découvrir de lui-même et de son somnambulisme est loin de tout ce qu’il avait pu imaginer. Qui est-il vraiment ? Quelle est sa véritable personnalité ? Une recherche aux limites de lui-même et de son esprit qui pourrait bien le rendre fou… Lire la suite

La maison de l’assassin, Bernhard Aichner, L’Archipel

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Après Vengeances, nous retrouvons dans ce 2e thriller de Bernhard Aichner le personnage si particulier de Blum.

Blum, cette jeune femme qui travaille dans une entreprise de pompes funèbres, adoptée par des gens froids dénués d’affection aujourd’hui décédés.  Blum qui a perdu son mari il y a deux ans, restant seule avec ses deux filles. Blum, qui a retrouvé les cinq meurtriers de son mari et les a tués froidement, dans l’espoir de trouver un soupçon de réconfort dans sa vengeance.

2 ans après, Blum pensait pouvoir aspirer à une vie normale. Mais tout bascule en peu de temps. Une photo dans un journal, l’existence d’une sœur jumelle, Björk, qu’elle n’a jamais connue, aujourd’hui décédée. Et la police qui exhume une tombe et y retrouve les restes de l’une des victimes de Blum. Tout se précipite, Blum est obligée de fuir, de laisser ses filles, avant que la police ne la trouve. Elle part se cacher dans la grande maison où Björk a vécu, en plein cœur de la forêt Noire, désormais habitée par son père et son frère.

La vie a fait de Blum une victime, un statut qu’elle n’a pas accepté, qu’elle a combattu, en témoigne le meurtre des cinq hommes, faisant d’elle une criminelle, puis l’ennemi public numéro un. Et elle qui croyait pouvoir se cacher dans la famille de sa jumelle, va se retrouver autant proie que victime, car les habitants de ce manoir ne sont pas forcément ce qu’ils prétendent… Lire la suite

« Et le ciel sera bleu » de Tamara McKinley (L’Archipel) * déceptif

 

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Ernie Turner est un petit garçon de 5 ans lorsqu’il est sommé de quitter Londres. Nous sommes en 1939 et le gouvernement britannique envoie ses enfants à l’abri, Ernie comme tant d’autres. Mais le cas d’Ernie est pour diverses raisons différentes ; tout d’abord, le petit garçon souffre d’un pied handicapé, résultat d’une polio foudroyante dont il garde ce triste souvenir. C’est pour cela qu’il est accompagné de sa grande sœur, Sally, qui ne devrait pas faire partie des premiers convois étant donné son âge ; mais comment séparer  le petit garçon de celle qui s’occupe de lui au quotidien depuis si longtemps ? D’autant que Sally et Ernie vivent depuis bien longtemps sans leur père, absent pour son travail et retenu depuis l’annonce de la guerre sur un bateau, et sans leur mère, jeune femme instable et irresponsable qui joue les filles de l’air et a même oublié de les accompagner à la gare le jour de leur départ. Une fratrie soudée donc, qui va pouvoir compter sur la formidable famille Reilly, leur famille d’adoption et rapidement bien plus encore, pour affronter les traumatismes d’un conflit qui devient très vite omniprésent dans leur quotidien, mais qui va aussi les aider à se façonner de superbes souvenirs, de ceux que l’on se crée lorsque l’on est jeunes mais déjà conscients que tout peut basculer d’un moment à l’autre.

Dans Et le ciel sera bleu, Tamara McKinley (allias Ellie Dean) réussit parfaitement à nous dépeindre dès les premières pages les premières conséquences de l’entrée de la Grande Bretagne dans la Seconde Guerre mondiale. Traumatisée par le précédent conflit, la population se prépare dès les premiers jours au pire, construisant des abris anti-aériens, cultivant des fruits et des légumes au sein même des villes, constituant des réserves, effaçant le nom des rues (pour déboussoler l’ennemi s’il venait à entrer dans les villes), barricadant les plages pour empêcher tout débarquement ennemi, ou encore envoyant ses jeunes à l’abri, loin des principales villes du pays. On perçoit la ténacité de tout un peuple, résolu à résister et à apporter sa contribution dans la lutte de l’Europe contre les nazis, quitte pour cela à quitter la relative sécurité que lui octroie son statut d’insulaire.  Tout comme Sally et Ernie, dont nous suivons avec plaisir les existences, les britanniques s’adaptent et sont plus solidaires que jamais, donnant toute leur importance à chaque petit moment de bonheur.

Pourtant, je n’irai pas jusqu’à dire que ce roman est une réussite. Je considère en effet comme un énorme bémol la fin de ce roman, qui … ne conclut rien, n’apporte rien. Elle donne presque l’impression que les derniers chapitres ont été arrachés du livre. La façon dont nous quittons les personnages est abrupte et contreproductive, et m’a très clairement laissée sur ma fin…. Presque mise en colère même. La guerre n’est pas finie, les péripéties personnelles des personnages ne sont pas résolues ni en passe de le devenir, il n’y a pas de rebondissement laissant penser qu’un drame pourrait relancer l’intrigue. Le mot fin est donc artificiellement apposé. C’est extrêmement dommage, puisque ce nous lisons nous donne beaucoup d’espoirs sur ce que « la suite » pourrait être. L’auteure nous avait habituées à mieux, j’en ai peur.

Détruite, Hélène Montel, L’Archipel

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« Parfois les mots tuent. En douceur. Mais ils tuent. Avec eux, ni traces, ni témoins. Et impossible de retrouver l’arme du crime. »

Hélène Montel a vécu de longues années aux côtés d’un pervers narcissique mais sans le savoir. Son mari exerçait un tel pouvoir sur elle qu’il lui a fallu des années pour s’en remettre.

A travers ce roman, elle témoigne, raconte l’enfer qu’elle a vécu durant ses années de mariage, puis la manipulation que continuait d’exercer son mari sur elle malgré leur séparation, pendant une longue et fastidieuse procédure de divorce.  Elle n’a pas été la seule victime car leurs deux filles ont également souffert et subi la manipulation mentale de leur père.

Intimidation, manipulation, rejet de responsabilité, paroles blessantes, Hélène aura subi, convaincue que tout était sa faute, convaincue que son mari avait toujours raison. Durant ces années passées avec lui, elle aura entièrement changé ; de garde-robe, de caractère et de comportement. Une perversion morale qui a laissé des séquelles dans sa façon de vivre. Lire la suite

La nuit de Peter Pan, Piero Degli Antoni, L’Archipel

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Depuis le départ de sa mère, Leonardo, jeune garçon de 10 ans introverti et réservé, vit seul avec son père David, un ancien musicien célèbre. Ils vivent reculés du monde, sur la côte italienne, dans une maison à flanc de colline, accessible seulement par la mer ou par le vieux tunnel ferroviaire.

Un soir, Leonardo trouve son père ligoté dans le salon. Un homme se tient à ses côtés. Qui est-il ? Que veux-t-il ?  Il connait Leonardo, il connait David. Sous ses airs de prisonnier en fuite, il semble connaitre toute leur vie. Il menace de tuer David.

L’orage gronde, le courant est coupé, et dans leur maison bien éloignée du reste du village, la peur et la tension croissent. Impossible de trouver le moyen de prévenir qui que ce soit et encore moins de s’enfuir. Et l’inconnu n’en a pas encore fini avec eux. Pour Leonardo et son père commence alors une longue, très longue nuit… Lire la suite

« Les disciples du feu » d’Alfredo Colitto (L’Archipel) * un thriller historique et scientifique efficace

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Hiver 1311. Mondino Luizzi, médecin et chirurgien à Bologue et que nous avions rencontré dans L’Elixir des templiers, est sollicité pour donner son avis de scientifique sur une bien étrange découverte : un cadavre partiellement carbonisé. Si beaucoup pensent à l’intervention du Diable, Mondino veut rester objectif et rassembler des preuves. Mais voilà que le corps disparait, et que le chirurgien est accusé de l’avoir délibérément dissimulé pour priver le père de son pire ennemi – car c’est bien de lui dont il s’agit – de sépulture chrétienne.  Menacé par la Justice, il fait une nouvelle fois appel à l’aide de l’ancien Templier Gerardo pour retrouver le cadavre. Aucun des deux hommes ne se doute alors que l’enquête dans laquelle ils se lancent va les mener à côtoyer la part la plus noire de l’être humain et à affronter les déterminés fanatiques d’une secte qui s’est donné pour mission de purifier Bologne par le feu. Le compte à rebours est lancé et les deux hommes n’auront pas le droit à l’erreur, sous peine de mort.

Largement enrichi de faits, détails et personnages historiques, ce roman se place sans conteste parmi les très bons romans du genre que j’ai pu lire. Alfredo Colitto combine parfaitement l’Histoire de la ville de Bologne et celle de ses personnages, et développe avec talent les relations entre eux – leurs routes se mêlent et se démêlent avec intelligence, permettant à l’auteur de brouiller les pistes et d’étoffer son intrigue. L’auteur offre à son roman un décor historique complet et détaillé, qui permet au lecteur de facilement se couler dans ses pas et ses réflexions. Il s’appuie notamment et c’est un des points fors de ce texte, sur les controverses de l’époque concernant la science : on perçoit dans l’histoire personnelle de Mondino toute la difficulté d’un scientifique bridé par les croyances religieuses, sans cesse contraint de contourner les lois de l’Eglise sous peine de se heurter à l’Inquisition et ses redoutables émissaires – pourtant, Mondino pourrait-il résoudre cette énigme meurtrière sans chercher du côté de la science ? Doit-il se résoudre à accepter qu’il s’agisse un signe de l’intervention du Malin ? Ou devra-t-il se résoudre à constater une nouvelle fois à quel point les agissements humains peuvent être diaboliques ?

Alfredo Colitto met en scène  tout à la fois une galerie de personnages extrêmement intéressants  et aux caractères très intéressants et les progrès de la science qui mirent en danger tous ceux qui, au fil des siècles, tentèrent d’expliquer la création de Dieu, risquant pour cela la torture et la mort. On passe donc un agréable moment grâce à ce thriller historique maitrisé et intelligemment pensé.

Le démonologue, Andrew Pyper, L’Archipel

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David Ullmann est professeur de littérature à l’université de Columbia. Il est spécialisé dans les textes mythologiques et religieux judéochrétiens, et un grand admirateur de Milton, auteur du Paradis Perdu. Sa vie se résume à l’enseignement et sa fille Tess, de 11ans. Son mariage, il y a longtemps qu’il bat de l’aile. Aussi saute-t-il sur l’invitation qu’il reçoit ; quelques jours à Venise pour étudier un « phénomène ». D’abord réticent, il y voit l’occasion de prendre du recul et de faire quelque chose d’extraordinaire avec sa fille.

Ils s’envolent pour la ville romantique. Le « phénomène » auquel il assiste est étrange et paranormal. Jusque-là réticent aux esprits et autres manifestations, il est forcé d’avouer que ses convictions vacillent. Hanté par ce qu’’l a vu, il ‘est pas au bout de ses surprises et n’a pas fini d’être hanté ; sa fille disparait.

Commence alors pour David une course poursuite contre le temps,  contre les démons et contre ses propres démons… Lire la suite

« Les orages de l’été » de Tamara McKinley (L’Archipel) * déceptif

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Année 1947. La guerre a fait rage en Europe, emportant la jeunesse de nombreux pays dans les affres de l’Enfer. Parmi aux, Olivia, une jeune femme de bonne famille devenue infirmière durant les années de conflits et qui peine à se séparer des souffrances qu’elle a accompagnées et soignées, et son meilleur ami Gilles, qui a perdu un bras et ses espoirs lorsque son avion a été abattu par les Allemands. Par amour pour Olivia, il a accepté de la suivre à l’autre bout du monde, en Australie, sans trop savoir pourquoi – il lui fallait seulement s’éloigner d’une Europe encore largement affaiblie et contrainte quelques années après la guerre, alors même que les survivants découvrent les pires horreurs du régime nazi. Mais pour Olivia, il ne s’agit pas de fuir : elle a découvert des documents à la mort de sa mère des éléments relatifs à son passé et à celui de ses parents, qui tous deux vécurent en Australie de nombreuses années avant qu’Eva, sa mère, ne décide de regagner l’Angleterre. C’est donc un voyage lourd de sens et de conséquences qu’entreprend Olivia, un voyage qui lui en apprendra bien plus sur elle-même et sa famille qu’elle ne le pensait et bousculera sa vie définitivement… Pour le meilleur peut-être ?

Après les horreurs auxquelles ils ont assisté, Olivia et Gilles (re)découvrent avec ravissement les immensités des plaines australiennes, le plaisir de pouvoir chaque jour profiter de bains de mer, mais également la violence des éléments et l’insupportable chaleur. Ils sont fascinés par cette société australienne et par la force de caractère des habitants qui au quotidien se battent pour faire reculer le désert. Pourtant, Olivia se bat contre ses propres démons : et si les informations laissées par sa mère remettaient en question les fondements de son existence ? Heureusement, elle est soutenue par Gilles qui, bien qu’il n’ait pas été informé de tout, la porte à bout de bras grâce à son amour, et par des amis inattendus mais très vite chers à son cœur, Maggie et Sam. Tous, à leur façon, ont subi le pire et tentent de se reconstruire et c’est ensemble qu’ils vont rassembler les pièces de leurs vies, dessinant trait après trait le paysage de leurs vies futures.

Les orages de l’été est un roman sauvage et somme toute enthousiasmant même s’il ne restera pas forcément dans la mémoire de sa lectrice une fois la dernière page lue. On admire les descriptions de l’Australie sauvage des années 1940, on se souvient qu’en effet le pays n’était à l’époque que peu urbanisé et très peu équipé en infrastructures de transports notamment. Pour autant, j’ai eu bien du mal à trouver les personnages sympathiques ou à compatir à leurs souffrances (mis à part Gilles, personnage qui à mon avis n’est pas assez développé) ou à apprécier la construction de ce roman. Si je n’ai pas passé un mauvais moment, je suis plutôt déçue par cette lecture et par cette « contre-performance » de Tamara McKinley.