« Le dernier des nôtres » d’Adélaïde de Clermont Tonnerre (Le livre de poche) * Héritage muet

Werner l’a toujours su : il a été adopté étant petit. Seul vestige de sa première vie : un nom et un prénom – Werner Zilch – et cette phrase « Il est le dernier des nôtres ». Depuis, il a grandi entouré de l’amour d’un foyer américain, choyé par des parents qui l’ont toujours idéalisé et porté à bout de bras. Une chose est sûre : ce n’est pas d’eux qu’il tient son ambition et son sens de l’aventure… A 30 ans à peine, le voici à la tête d’un empire financier bâti de toute pièce par ses soins et avec l’aide de son meilleur ami. Seul domaine qui lui résiste : le cœur. Werner enchaine les conquêtes avant de rencontrer Rebecca, puis pour tenter de l’oublier – mais en plus d’un amour fou et quelque peu tourmenté, autre chose les lie, un passé sombre, impossible à porter et qui risque bien de détruire la vie de Werner et tout ce qu’il avait jusque là tenté de créer.

Adélaïde de Clermont Tonnerre a reçu pour ce merveilleux roman bâti entre le passé et le présent le Grand Prix de l’Académie française et a été sélectionné pour le Prix des Lecteurs 2018 – des distinctions méritées puisqu’on se délecte dès les premières pages d’une intrigue sombre, lourde, structurée sur un aller-retour entre l’Allemagne de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et les Etats-Unis de la fin des années 1960. On y suit les destins mêlés de deux familles liées par le même homme, Werner Zilch, arraché à la première et recueilli par la seconde, à la croisée de ce que les hommes peuvent offrir de plus beau ou infliger de plus cruel à ses semblables. Nous sommes happés dès le début par ces plongées dans le quotidien de deux époques que rien ne semble pouvoir unir, par ces vraies vies décrites dans ce qu’elles eurent de plus beau et de plus dur. La description de l’Allemagne nazie défaite vue par le prisme des Allemands nous rappelle que la fin de « notre » guerre a marqué pour ce pays et ses habitants le début d’exaction, de bombardements, de l’occupation et de la peur. C’est dérangeant, c’est révoltant, et pour certain d’entre nous, c’est une découverte. Tout comme l’histoire de ces scientifiques qui, pour le compte de l’Allemagne nazie, mirent au point des armes responsables de la mort de milliers de civils, et furent ensuite accueillis par les Etats-Unis qui souhaitaient leur soutirer ces innovations…. Comme souvent quand il s’agit de guerre, difficile de définir une frontière claire entre le bien et le mal, les bonnes intentions et les mauvaises actions. Werner Zilch en fera l’amère expérience en se plongeant dans son passé et en déterrant avec Becca des souvenirs douloureusement ensevelis

Publicités

« Un choix » de Nicholas Sparks (Le Livre de Poche) * jusqu’où aller par amour?

Travis Parker est un homme comblé : des aventures régulières avec des femmes belles et pour la plupart intéressantes, une situation professionnelle stable, satisfaisante et confortable, un cercle d’amis fidèles, présents et toujours partant pour des soirées et journées en famille ou entre adultes, une belle et grande maison avec vue sur la mer… Le tableau est a priori parfait… sauf qu’aucune femme n’a su susciter chez lui un attachement durable, trouvé sa place dans son agenda quotidien chargé ou dans ses virées avec ses amis, ou ne partage avec lui la beauté d’un lever ou d’un coucher de soleil. Aucune, jusqu’à l’installation à côté de chez lui de l’imprévisible et pétillante Gaby. Récemment installée dans le pavillon à côté de chez lui, elle prend rapidement dans sa vie une importance croissante, s’insinuant dans ces espaces de vie jusque là resté vide. Mieux : elle semble plaire à sa sœur, pourtant si difficile à convaincre. Alors Travis se décide : pour une fois, il va se donner les moyens de séduire et de conserver à ses côtés cette jeune femme qui fait voler en éclat ses certitudes de célibataire. Mais même quand tout semble aller pour le mieux, nous ne sommes jamais à l’abri d’un coup du sort, d’un de ces caprices de la vie qui nous laisse effondré, sans ressources et, pour le pire, responsable d’autres vies que la sienne.

Et c’est, en point d’orgue de ce magnifique roman, cette dernière question qui reste une fois que nous le refermons : quand tout s’effondre, quand plus rien ne semble pouvoir s’arranger, comment rester fidèle à ce que l’on est et aux promesses que l’on a fait alors que tout était plus simple ? Lorsque les malheurs que l’on anticipe tranquillement dans les bras de l’être aimé survienne, peut-on se résoudre à agir comme on l’avait promis ou doit-on envers et contre tout se rattacher à l’espoir que tout n’est pas perdu ? Ne pas respecter le souhait de l’autre, alors même qu’il n’est plus en mesure de décider, est-il une autre forme de trahison ?

A travers l’histoire de Travis et de Gaby, Nicholas Sparks se penche sur des questions graves, sur des thèmes de société clivants, parfois effrayants, et repose la question des limites de l’amour, de l’acharnement, de l’espoir irraisonné et de ces décisions irrémédiables auxquelles on peut être confronté sans jamais ô grand jamais y avoir été préparé – ou pouvoir se considérer comme tel.

Préparez-vous à pleurer, oui, à envier Gaby et Travis pour le bonheur qu’ils se tissent petit à petit, à admirer Travis pour sa patience et Gaby pour sa force, mais aussi à vous interroger et à vous résoudre à ne jamais partir le matin sans avoir dit et répéter à ceux qui partagent votre vie que vous les aimez profondément. Parce que rien n’est jamais acquis, en amour comme dans la vie.

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi, Le livre de poche

Julia est psychologue, vit à Paris et pensait sa vie bien rangée avec son petit ami Marc, jusqu’au drame familial ; la mort brutale de son père. Incapable de surmonter le chagrin, elle se renferme, créant un naufrage dans sa vie, et surtout, dans son couple. Marc ne parvient pas à la soutenir et se détache d’elle petit à petit.

Pour essayer de reprendre sa vie en main, elle quitte Paris pour retourner dans son Pays Basque natal, où elle trouve un emploi de psychologue dans la maison de retraite Les Tamaris. C’est à reculons qu’elle fait son entrée, n’appréciant pas particulièrement la compagnie des personnes âgées. Et pourtant… Lire la suite

Six fourmis blanches, Sandrine Collette, Le livre de poche

Lou et  Elias sont adeptes de randonnées. Et cette année, ils partent dans les montagnes de l’Afghanistan avec d’autres jeunes ; Arielle et Lucas, Marc et Etienne, pour un court séjour dans ces montagnes, dites maudites. Car là-bas, les villageois craignent le mauvais sort et font régulièrement appel à Mathias, le « sacrificateur » du coin, pour des rituels où il sacrifie une chèvre à la montagne pour les villageois. Lire la suite

Fantômes d’hiver, Kate Mosse, Le livre de poche

img_4198

  1. Freddie Watson, un jeune anglais hanté par la disparition de son frère pendant la Grande Guerre, peine à retrouver un sens à sa vie. Il part se refaire une santé en France, direction les Pyrénées. Aux alentours de Tarascon, sa voiture quitte la route à cause du mauvais temps hivernal. Après un moment d’errance dans les bois, il finit par se retrouver à Néans, petit village cathare sombre et austère.

Il prend une chambre dans une petite auberge et accepte l’invitation de la maitresse des lieux à participer à la fête médiévale annuelle qui a justement lieu ce soir. Freddie y rencontre la belle Fabrissa, jeune femme triste elle aussi, partageant sa peine due à la Grande Guerre, auprès de qui il trouve une oreille attentive. Après avoir écouté son histoire, Fabrissa lui raconte la sienne. Une très étrange histoire.

Le lendemain, Freddie recherche Fabrissa et raconte sa soirée aux habitants. Mais ceux-ci sont formels ; Freddie n’était pas à la soirée, et aucune Fabrissa n’habite le village. Que lui est-il arrivé ? Un mystère qu’il est prêt à tout pour résoudre. Lire la suite