« Les Colombes du Roi Soleil – Les Comédiennes de Monsieur Racine » par Anne-Marie Desplat-Duc (Flammarion) * une jolie lecture à partager

C’est l’effervescence à la Maison Royale de Saint-Louis, cet établissement créé par Madame de Maintenon et dans lequel évoluent jusqu’à leur vingtième anniversaire des jeunes filles de la noblesse de la France entière : Monsieur Racine, le célèbre dramaturge qui ravit la Cour de ses merveilleuses pièces, a décidé que la dernière d’entre elles serait jouée par ces jeunes filles si bien éduquées. Pour Isabeau, Charlotte, Hortense et Louise, ce spectacle revêt différents attraits : pour l’une, l’émancipation des règles si strictes de la pension, pour l’autre la rencontre avec un jeune homme qui fera battre son cœur, … Pour toutes, de nouvelles opportunités de se forger un avenir dans les meilleures conditions et le bonheur de côtoyer le Roi et la Cour.

Anne-Marie Desplat-Duc pose dans ce premier tome de la très jolie série Les Colombes du Roi Soleil les bases d’une collection historique rigoureuse et passionnante, et s’attache tout à la fois à décrire aux jeunes lecteurs (lectrices) les us et coutumes d’une époque et d’un cadre qui ne manquent jamais de faire rêver : étiquettes, religion, hiérarchie sociale, privilèges, importance de la naissance et de l’éducation, alliances matrimoniales et amour courtois, … Nos petites pensionnaires, toutes différentes mais ô combien attachantes, nous guident dans ce labyrinthe de convenances avec la fraicheur de leur âge et leur conscience aigüe du privilège d’être instruites, à une époque où le rôle des femmes se cantonne habituellement au foyer. On se passionne pour leurs histoires d’amitié et de cœur, on se réjouit avec elles de leurs rencontres avec la Cour et de leur foi en l’avenir, on découvre avec elles l’importance de comprendre les codes des sociétés dans lesquelles on évolue ou encore celle d’avoir conscience de soi et de ses différences dans un microcosme qui gravite autour du Roi, de ses passions et de ses familiers. Et comme souvent à la  Cour, les mystères ne sont jamais bien loin… de quoi sainement occuper les esprits de ces demoiselles !

Voici donc une entrée en matière réjouissante, qui ne peut que donner envie de retrouver les pensionnaires de Saint Cyr dans leurs prochaines aventures royales.

« Mon premier imagier avec rabats : Les Nombres » (Usborne) * Apprendre en s’amusant

 

Je vais aujourd’hui vous parler de l’album préféré de la MiniSweetie en ce moment : Les nombres. Parce qu’à 2,5 ans, on commence à s’intéresser à tout et à vouloir reconnaître les lettres et les chiffres. Voici donc un superbe album très coloré et très ludique pour apprendre à compter et à identifier les chiffres. Page après page et grâce à de jolies illustrations et à des rabats colorés, j’accompagne ma curieuse à la découverte de ces chiffres : il y a dans ses yeux un peu d’émerveillement à comprendre que ces dessins signifient quelque chose. Nous comptons ensemble les ballons, reconnaissons les chiffres inscrits sur les wagonnets, derrière les ballons, à compter les pommes dans les arbres et les perroquets dans leur enclos.

Parce que ce n’est pas si facile qu’il n’y parait, ce livre prend l’enfant par la main pour lui donner ces bases tout en s’amusant.  Et parce qu’il s’agit des éditions Usborne, qui  prennent toujours les enfants au sérieux, cet apprentissage s’accompagne aussi d’une initiation aux formes et aux couleurs, à la science de étoiles et à la vie à la ferme, aux animaux exotiques et au repérage dans l’espace.

Un très bon moment à partager et un album que je recommande pour l’apprentissage des chiffres et des nombres

« Louis, un soldat Poilu » de Laurent Bègue (Illustrations Patrick Le Borgne ; éditions Belize) * In Memoriam

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De passage au salon Histoire de lire de Versailles fin novembre, j’ai rapidement été fascinée, dans l’espace Jeunesse, par les aquarelles d’un dessinateur placé un peu au fond, et qui était absorbé dans ses couleurs. En me rapprochant, j’ai pu voir qu’avec 4 pinceaux (je crois) et quelques carrés de couleurs, il dessinait puis peignait le portrait d’un soldat vêtu et coiffé de bleu – qu’il dédicaça à un certain Augustin, qui devait passer récupérer son exemplaire un peu plus tard. Et c’est surtout pour prolonger ces moments magiques de création que je me suis portée volontaire pour, à mon tour, me faire personnaliser un exemplaire (oui à moi, et non à un enfant de mon entourage !). Si c’est donc en premier lieu les superbes illustrations (et la gentillesse et la modestie de Patrick Le Borgne) que j’ai remarquées à propos de cet album, elles accompagnent également parfaitement un texte extrêmement bien pensé, intelligent et pédagogique, que j’ai découvert juste après

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Sous la plume de Laurent Bègue, j’ai ainsi rencontré Louis, soldat de la Grande Guerre, au dernier jour des combats, presque au moment de l’Armistice (« le 11ème jour du 11ème mois à la 11ème heure »). Alors que j’avais déjà eu l’occasion de lire en jeunesse des romans sur la vie dans les tranchées, c’est ici surtout le défi de la démobilisation et du retour à la vie civile qui est narré : l’attente pour rentrer chez soi, les transports bondés, le retour dans des villages décimés, parmi des familles endeuillées, la société marquée par l’horreur et sensiblement transformée, l’envie d’aller de l’avant tout en se souvenant – ce devait être « la Der des Der ». On l’oublie parfois, mais la fin de la guerre n’a pas marqué la fin des difficultés pour les soldats et leurs familles et c’est ici ce que Laurent Bègue a développé, sans pour autant rentrer dans la polémique ou le pathos. Son récit est factuel, très humain, et servi par un vocabulaire à la fois précis et accessible. Il a d’ailleurs reçu le label ‘Centenaire 14-18’.

Louis, un soldat Poilu – La journée du 11 novembre 1918 est donc un album que je vous recommande alors que la France, l’Europe et le Monde commémoreront l’an prochain les 100 ans de l’Armistice en l’absence de tout survivant.

« Dans mes bras » par Emile Jadoul (L’Ecole des Loisirs)

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Léon, le petit pingouin, vient d’avoir un petit frère, Marcel. Mais quelle place va occuper désormais le nouveau membre de la famille ?

 

Ma cadette a fait sa rentrée à l’école en septembre dernier. Un grand évènement dont elle rêvait depuis des mois (elle veut absolument tout faire comme sa grande soeur…). Dans son école, nous avons la chance que les maitresses proposent des abonnements à l’école des loisirs. L’abonnement de mademoiselle, Titoumax, correspond à la tranche d’âge 2-4 ans (petite section). De novembre à juin, elle va ainsi recevoir 8 albums et, par chance, nous n’avions pas encore ces titres dans notre bibliothèque.

 

Le premier, Dans mes bras, s’adresse aux plus petits (2-3 ans). C’est un très bel album, tendre, qui permet d’appréhender l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur. La jalousie de Léon, bien naturelle, est abordée de façon décalée. Ce petit Marcel, où va-t-on pouvoir le mettre ? Sur ce sujet, notre héros a des idées bien arrêtées. Au départ, il énumère tous les endroits où, selon lui, le bébé pingouin n’aura pas sa place (sa chambre bien sûr, les genoux de Maman Pingouin, les épaules de Papa Pingouin,…) jusqu’à finalement trouver la place parfaite, dans ses bras à lui.

 

Notre lecture du soir depuis deux semaines !

 

« Mes premiers haïkus pour bien grandir » d’Isabel Asunsolo, illustré par Chiaki Miyamoto (Leduc.s jeunesse) * coup de cœur jeunesse

Connaissez-vous les haïkus, ces savoureux petits poèmes japonais de trois lignes s’attachent à mettre en mots l’éphémère? De plus en plus pratiqués en France et à travers le monde, cet art du haïku invite à prendre le temps de se réjouir de toutes les jolies choses qui nous entourent, et ainsi à s’ancrer dans l’immédiat. Savoureux, ils se dégustent ainsi au fil de nos journées et de l’inspiration et se partagent de plus en plus via des réseaux et communautés de haïjin (ou haïkistes) actifs et que je vous recommande

Dans ce superbe album, Isabel Asunsolo (coprésident de l’association francophone de haïku) met à la portée des plus jeunes cette poésie inspirée de la culture japonaise. Et pour rendre l’éphémère, quel plus joli symbole que le papillon, dont elle parsème l’album et fait le compagnon de la petite Vera. Ce joli duo va ainsi, page après page, cheminer dans la nature et se porter à la rencontre d’un berger et de ses moutons, des étoiles, des pierres, d’une cascade, …. Autant de merveilles à notre portée si nous savons nous attarder à observer !

Au moins aussi importantes que le récit d’Isabel Asunsolo, les magnifiques illustrations crayonnées de Chiaki Miyamoto : sous ses crayons et grâce à un magnifique choix de couleurs, ce livre devient un album d’une extraordinaire beauté – l’un des plus beaux que j’ai pu récemment découvrir. Quel délectable plaisir de se balader dans les paysages dessinés avec tant de talents sur les pas de Véro et de son papillon, de plonger dans un univers merveilleux à l’esthétique rare…

Voici un album à offrir d’urgence, à partager, à découvrir et faire découvrir pour répandre poésie et beauté cet été.