« L’Ogre à poil(s) » de Marion Brunet et Joëlle Dreidemy (Pépix) * Ogre mon ami!

20160907_074925

Envie en cette rentrée d’une lecture déjantée ? Aucun doute, c’est L’ogre à poil(s) qu’il vous faut. Que vous ayez ou non lus les deux premiers tomes des aventures d’Abdou et Yoan et de leurs étranges amis, ce roman est incontournable (et vous donnera le cas échéant envie de dévorer les précédents aussi sûrement que l’Ogre dévore les méchants) !

Et dès les premières pages, on sourit : alors qu’Abdou et Yoan se prépare à partir en camp avec les autres enfants du foyer où ils vivent, une crevette (oui oui, une crevette rose !) les contacte pour les informer que leurs amis de la forêt ont besoin de leur aide. Cette drôle de rencontre est le premier acte d’une aventure qui va les mener à découvrir un danger bien plus redoutable que les ogres, les loups et les sorcières : la pollution. Face à ce risque, les habitants de la forêt sont démunis ; cette fois, ce sont les hommes les ennemis. Mais Abdou et Yoann sont résolus à trouver une solution… même si elle implique de solliciter l’aide de celui qui trône tout en haut de la chaine alimentaire des monstres … Je ne vous en dis pas plus !

Marion Brunet profite donc de cette rentrée et du succès de ses personnages pour faire passer dans ce roman quelques messages importants, dont le respect de la nature et la responsabilité que nous portons tous face à la menace que représente la pollution. En mettant en scène des personnages habituellement impressionnants et indestructibles devenus malades, elle ne peut manquer d’interroger ses lecteurs. Pour autant, pas de ton moralisateur ou de leçons toutes faites : à chacun, après tout, de prendre ses responsabilités et de choisir ses combats ! Mais celui que livrent ici Abdou, Yoan, l’Ogre Romain, Linda le Koala, Janine et de leurs amis étranges (des canards avec des dents, des crevettes qui parlent, des poissons qui marchent, …) nous passionne d’un bout à l’autre, nous fait sourire, nous révolter, … Bref, nous fait passer un moment de lecture incroyablement sympathique. Décidément, les Ogres me font de moins en moins peur… il se pourrait même que l’un d’entre eux soit entré dans le panthéon de mes amis imaginaires !

NB : encore une fois, le texte de Marion Brunet est superbement illustré et enrichi par les dessins de Joëlle Dreidemy, jeune illustratrice de talent qui contribue à donner une âme et une atmosphère si originale à cette série. Chapeau bas, l’artiste

« Lola et la machine à laver le temps » de Rolland Auda (Pépix) * à découvrir d’urgence!

20160625_101100

Lola a 10 ans et est une petite fille ordinaire. Elle vit avec son papa – bien moins ordinaire – et sa grand-mère depuis que sa maman a rejoint les étoiles. Le premier est un génie sans cesse en train de bricoler des robots dans son atelier au fond du jardin, la deuxième impose chaque jour ses soupes bizarres à sa petite fille qui cherche à chaque fois à négocier. Bref, la vie de Lola manque un peu d’originalité mais elle l’aime bien.

Mais un jour, tout vole en éclat. Un homme très moche et super méchant, accompagné d’un colosse tout aussi moche et au moins aussi méchant, frappe à sa porte et lui apprennent que son père a inventer une machine à remonter le temps alimentée par un minerai très rare et que si elle ne veut pas qu’il lui arrive malheur, elle doit l’emprunter pour partir dans le passé à la rencontre de … son père enfant ! Bizarre, effrayant, perturbant… et excitant ! Si elle ne voulait pas tellement tenter l’aventure, Lola va finalement se prendre au jeu et découvrir en son papa un super compagnon de jeu et un enfant qui aurait pu être l’un de ses meilleurs amis… enfin, si ce n’était son look complètement ringard !

Vous l’aurez compris, Lola et la machine à laver le temps est un roman jeunesse drôle et intelligent, qui met en scène des personnages attachants et hilarants. Nous autres adultes qui avons connu les années 1990, nous ne pouvons nous retenir de sourire face aux réactions de Lola en découvrant la mode vestimentaire, les balbutiements de l’internet, les premiers ordinateurs, …. Bon d’accord, on prend aussi un sérieux coup de vieux, mais dans la bonne humeur. Je ne peux donc que vous encouragez à plonger aux côtés de Lola dans cette aventure drôle et très bien menée, joliment illustrée et qui ne manquera pas d’offrir aux petits et aux grand un très bon moment de détente.

« La drôle d’expédition » de Séverine Vidal et illustrée par Marion Puech (Pépix) * En route pour la Lune

zoom

Vous vous souvenez de Zach ? … si vous savez ce petit garçon qui s’était déjà miraculeusement et spectaculairement échappé de la légendaire prison d’Alcatraz (La drôle d’évasion). Et bien 364 jours plus tard (oui oui, il est très précis comme petit garçon), le voilà sur le point de devenir le grand frère de jumelles – en fait, sa mère a déjà accouché de deux jolies petites fille, mais il ne les a pas encore rencontrées malgré son impatience – mais aussi propulsé dans le jeu vidéo que son père est en train de créer. Car vous vous en souvenez probablement, Caleb, le père de famille (puisqu’on ne peut raisonnablement pas le qualifier d’adultes), est programmateur-inventeur- créateur de jeux vidéos. Mais cette fois, pour une raison qu’aucun des hommes de la famille ne comprennent pas bien, Zach est propulsé dans le jeu vidéo. Incroyable non ? Mais attendez la suite car il y a mieux : ce n’est finalement pas dans un programme informatique mais bien dans le passé !!! Plutôt que de vivre une expédition sur la Lune imaginée et pensée par son père, Zach va participer à la vraie première expédition, celle de juillet 1969, lorsque pour la première fois Neil Armstrong et Buzz Aldrin posèrent le pied sur la Lune. Une nouvelle aventure passionnante pour le petit garçon, qui pourtant se demande si cette fois il ne prend pas trop de risques.

Car si Zach est un petit garçon plein de ressources, il est facile de comprendre qu’on dispose de bien moins de ressources à bord d’une fusée (oui oui une vraie de vraie, avec des propulseurs super géants et un tableau de commandes plein de boutons lumineux et colorés), et encore moins habillé d’une combinaison taille XXL – personne n’avait envisagé qu’un petit garçon serait du voyage, lui le dernier. Pourtant, avec humour, impertinence et il faut le reconnaitre pas mal d’intelligence, Zach se révèle un voyageur de l’espace divertissant aux idées parfois décisives. Tout comme lui, nous découvrons les coulisses de la vie de fusée, les accessoires étranges, les techniques indispensables à acquérir ne serait-ce que pour boire, et l’importance du moindre détail : à chaque instant, tout peut basculer et l’expédition avorter.

Cette plongée dans un univers très particulier est passionnante et formidablement illustrée ; on se passionne pour la composition d’une fusée (et même adulte on en apprend beaucoup), on apprend que les spationautes mangent lyophilisé, boivent au pistolet à eau (génial non ?), jouent au ping-pong avec les objets malmenés par la gravité, … . Les 3 professionnels avec lesquels voyage Zach sont les vrais et on comprend bien que sous les traits de caractères que nous leur découvrons dans ce roman, ce sont sûrement ceux de leurs authentiques modèles qui sont mis en scène. L’équilibre entre les faits réels et la fiction est très bon, on apprécie tout de même l’irruption d’un extraterrestre (aussi minime soit-elle !) et on découvre les superbes illustrations de Marion Puech au fil des pages.

Bref, vous l’aurez compris, La drôle d’expédition remplit toutes les cases pour s’imposer comme un très bon roman d’aventure – Séverine Vidal s’imposant de fait comme une auteure jeunesse incontournable dont on savoure les textes. Une suggestion idéale donc pour les vacances ; filez chez votre libraire !!

Afficher l'image d'origine

« Billie Fossette » de Sabrina Bensalah (Sarbacane – Pépix) * sur un air de Stromae

billie fossette

 

Billie est une petite fille qui cumule les bêtises et déteste les robes. Ses parents la pensent trop espiègle, jusqu’au jour où elle est renvoyée de l’école parce qu’elle a… marché sur le toit de l’établissement ! Cette fois, c’en est trop pour les adultes : Billie doit comprendre que quelques mots d’excuses et les sempiternelles promesses – non tenues – de ne pas recommencer ne suffisent plus. Et pour le lui faire comprendre, ses parents décident de la remettre en les mains expertes (et redoutables comme nous l’apprendrons en même temps que Billie) du couple Lamatraque. Leur crédo : remettre les jeunes gens dissipés dans le droit chemin en les astreignant aux travaux de la ferme et de la terre. Une saine pratique, mais des méthodes peu correctes et vraiment, vraiment pas gentilles. Billie, qui tout d’abord pense la punition méritée (il faut bien qu’elle le reconnaisse), se rend vite compte que cette fois, ce n’est pas elle qui va trop loin… et que dire de ces poules qui semblent parler, de ses compagnons d’infortune qui ne sont pas plus épargnés par la méchanceté des Lamatraque, de la passion de Madame Lamatraque pour Stromae qu’elle fredonne à longueur de journée, … vraiment, tout est bizarre chez ces méchantes gens, et Billie n’est pas au bout de ses surprises. Cette fois décide-t-elle, désobéir est nécessaire et échapper aux règles des adultes salutaires.

Sabrina Bensallah nous régale avec les aventures de cette Fifi Brindacier des temps modernes, courageuse, espiègle,, un brin chipie et toujours inspirée quant il s’agit de faire des bêtises. Sur fond d’écologie et d’agriculture raisonnée et raisonnable, elle bâtit une intrigue passionnante et rythmée, drôle et enjouée. La bande originale, largement tirée des albums de Stromae, contribue aussi à ce rythme fou de narration et à faire des aventures de Billie Fossette un roman haut en couleurs (beaucoup beaucoup beaucoup de couleurs chatoyantes) à ne pas rater. Encore une fois, Pépix nous régale et la collection continue (pour ce que nous avons pu en juger) à s’illustrer par la qualité de ses textes, de ses auteurs et de ses illustrateurs. On aime !

Sweetie