« Leonora Kean, 1 – Chasseuse d’âmes » de Cassandra O’Donnell (Pygmalion) * fan

 

On vous l’avait dit, on attendait avec impatience de découvrir ce premier épisode des aventures de Leonora, la fille de Rebecca Kean dont nous avions dévoré les différents tomes. Fantômes facétieux, vampires craquants, loups-garous canons, sorcières redoutables, nécromants séduisants, … Nous avions hâte de retrouver ces personnages addictifs, cette fois perçus par le biais de la fille de Rebecca, elle-même largement dangereuse et redoutée. Car si elle est la fille d’une chasseuse de prime démoniaque et de l’un des vampires les plus anciens du monde – et ce n’est là que la première génération de gènes incroyables dont elle est le fruit -, Leonora est également l’Elue de la Mort pour ramener à elle toutes les âmes errantes. Vous en conviendrez, à 16 ans, la jeune fille a une vie hors normes sous bien des aspects. Des particularités que son séjour en Europe, où sa mère l’avait envoyée pour être protégée et formée, ne vont faire que renforcer. Aucun doute, Leonora est bien la fille de sa mère, et cela nous ravit !

Hébergée avec Ariel, sorcier au pouvoirs incommensurables et véritable garde-fou aux pouvoirs qu’elle peut mobiliser, dans le village des Vikaris, la tribus de sorcières dont sa mère est issue et Reine, Leonora se pensait seulement exposée à la haine de ses habitantes à cause de son ascendance – elles sont les principales menaces des vampires, qu’elles chassent sans merci. Pourtant, rapidement, les pouvoirs qu’elle tient de la déesse de la mort lui font percevoir un danger inédit, inconnu mais effrayant et qui menace tout à la fois les vampires et les sorcières. Soutenue par Ariel, qui semble lui porter une affection croissante et l’entoure d’un amour qu’elle n’est pas prête à accepter, Leonora accepte une mission qu’elle seule peut accomplir. A moins que ce ne soit la dernière.

Cassandra O’Donnelle a repris dans ce premier tome (et on espère qu’il y en aura beaucoup d’autres) tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série Rebecca Kean, à cela près que le « profil » atypique de Leonora lui permet d’explorer de nouveaux univers fantastiques. Humour et suspense se mêlent parfaitement, et la fresque des personnages – nouveaux et déjà connus – s’étoffe. Incontestablement, nous sommes fans de Leo comme nous le sommes de sa mère… Vivement la suite !

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« Thérapie du crime » de Sophie Jomain et Maxime Gillio (Pygmalion) * à glisser d’urgence dans vos valises cet été

 

Comment résister à un tel duo d’auteurs ? Je vous le demande. Alors, j’ai craqué, tout simplement – bon, je le reconnais, il y avait aussi pas mal de curiosité : comment allaient-ils pouvoir conjuguer (efficacement) leurs deux univers en un même roman ? Un challenge, certes, mais aussi une réussite, puisque Thérapie du crime plaira tout autant aux fans de Sophie Jomain – qui retrouveront dans le personnage d’Alice ses héroïnes au caractère bien trempé, passionné et à la répartie mordante – qu’aux amateurs d’enquêtes policières intelligemment menées – marque de fabrique de Maxime Gillio.

Car si la vie d’Alice est plutôt calme – si l’on peut ainsi qualifier le quotidien d’une psychologue-sexologue qui plonge à chaque consultation dans les méandres les plus étonnants de la sexualité et de la nature humaines -, tout cela vole en éclat le jour où Xavier, amour de jeunesse (qu’elle s’était efforcée d’oublier) devenu commandant frappe à sa porte pour l’interroger sur un patient. Non seulement il est devenu terriblement craquant (mais elle ne doit pas y penser), mais en plus il sous-entend qu’elle pourrait l’aider à arrêter un meurtrier… Qu’on lui rende sa vie d’avant ! Car une fois le doute (et le charme) installée, Alice se lance à corps perdu dans une contre-enquête déstabilisante, passionnante mais aussi terriblement dangereuse, non seulement pour sa vie amoureuse, mais aussi pour sa vie.

Humour, suspense, testostérones, enquête, soirées entre copines, uniforme et coup de cœur, tout y est… saupoudré en plus d’une bonne dose d’humour et de dialogues savoureux. L’enquête policière n’en est pour autant pas bâclée, et on suit avec plaisir (et frissons) les avancées de nos deux improbables coéquipiers, chacun apportant à l’intrigue autant que l’autre. On alterne donc entre moments de tensions – attention cependant, ce n’est ni un thriller, ni vraiment un polar, mais un joli mélange de ce qui fait l’ADN des deux auteurs – et éclats de rire, entre révélations et déductions. On perçoit leur complicité, tout en ne pouvant nous empêcher de penser que la collaboration sur un tel projet a du être un peu… mouvementée 😊 , caractères obligent !!!

Voici donc le livre parfait à glisser dans les valises cet été, pour passer un bon moment sans faire de concessions sur la qualité de l’écriture et de l’intrigue. Vivement la suite donc ! (oui oui, c’est un appel du pied !!).

« La Malédiction de la zone de confort » de Marianne Levy (Pygmalion) * coup de cœur absolu

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eamParce que c’est vendredi et que le vendredi il est indispensable de se faire plaisir, voici

LE conseil du jour : LISEZ La Malédiction de la zone de confort

de Marianne Levy, probablement l’une des meilleures comédies romantiques que j’aie lues les derniers temps (et vous savez que nous en lisons quelques-unes par mois !!!)

Marianne Levy, si elle s’était déjà autoéditée, signe ici son premier roman paru en librairie. Membre du collectif TeamRomCom – 6 auteures qui défendent la comédie romantique de tout leur talent et l’écrivent avec brio -, elle signe ici une déclaration d’amour à ce genre que nous affectionnons tant et qui souvent est dénigré (uniquement par celles et ceux qui, dans la vie, n’accordent pas suffisamment de crédit et d’importance à l’amour et aux relations humaines).

Critique de séries télévisées, elle nous entraine dans son univers en narrant l’histoire au début douce-amère de Rose, qui cherche à décrocher son entrée dans le monde impitoyable de la TV. Pourtant, le jour où l’opportunité se présente, elle enchaine les catastrophes et découvre sidérée les règles d’un monde sans pitié dans lequel elle semble ne pas pouvoir survivre (enfin, son personnage). Pour couronner le tout, elle est désespérément célibataire et incontestablement amoureuse d’un troubadour du Moyen-Âge dont le recueil de poésie (seul remède contre son romantisme d’une autre époque) qu’elle avait l’habitude d’emprunter à la bibliothèque a disparu depuis des semaines. Un concours de circonstances dont elle risque bien de ne pas sortir indemne.

De son côté, Ben est scénariste en mal d’inspiration noyé dans ses idées noires, irréversiblement allergique à l’amour et au romantisme, et que ses amis de toujours ont bien du mal à comprendre. C’est cependant pour aider l’un d’entre eux, Vlad – producteur de son état – qu’il accepte de remodeler le scénario d’une série qui veut faire date. Sans le savoir, il se lance alors dans une aventure risquée au cours de laquelle il lui faudra bien se rendre à l’évidence : il n’y a pas vraiment de hasard, seulement … des concours de circonstances.

Vous l’aurez compris, ils vont se rencontrer – mais ce n’est pas l’important. Ce qui compte vraiment, c’est qu’ils vont s’apprivoiser et apprendre à se comprendre… et là vous allez vous régaler !

C’est fin, c’est drôle, c’est extrêmement intelligent et terriblement authentique (je vous parie que vous allez vous retrouver dans une ou deux (voire beaucoup plus) de répliques – « (…) mes hauts sont plutôt moyens et mes bas sont bien en dessous du niveau de la mer. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune bonne raison de le cacher » – qui vont devenir cultes !). C’est léger sans être bête, c’est romantique sans être mièvre, c’est touchant sans tomber dans le pathos. Marianne Levy maîtrise les mots et les émotions avec le même talent, et on en redemande.

PS : quelle couv! Mais quelle couv!!!

PSS : elle signe avec la TeamRomCom un recueil à paraître en novembre aux éditions Charleston, Y aura-t-il trop de neige à Noël?… A suivre!

« La Mort est une femme comme les autres » de Marie Pavlenko (Pygmalion) * la Mort dans les yeux

mort est une femme

Emm n’a plus envie de se lever, plus envie de bouger, et encore moins de travailler. Toute motivation l’a abandonnée et même les encouragements, menaces et autres tentatives de sa compagne de toujours et meilleure amie ne parviennent pas à la faire se lever. En un mot comme en cent, Emm fait un burn out – diagnostic lâché d’ailleurs par le spécialiste qu’elle finit par accepter de rencontrer. Jusque là, malheureusement, le scénario est banal ; mais tout se complique lorsque l’on sait que le travail de Emm, qu’elle exerce depuis toujours, est de faucher les humains lorsque leur dernière heure est venue. Vous l’aurez compris, Emm est la Mort en personne, et sa meilleure amie n’est autre que sa Faux. Imaginez donc la panique que cette « grève » engendre sur terre : les mourants ne meurent plus, les blessés à mort survivent malgré des blessures effrayantes et spectaculaires, la population a peur et s’accroit, et d’innombrables questions agitent le monde (et Dieu/Yahvé/Allah dans tout ça ? Comment nourrir/loger/s’occuper de toute cette population supplémentaire ?). Et parmi cette masse d’êtres humains complètement ahuris par ce phénomène, deux êtres qui n’auraient jamais du se rencontrer : lui est responsable d’un service de soins palliatifs rapidement débordé et maintenant incapable de tenir ces objectifs de turn over ; elle a récemment appris qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale et regrette de ne pas avoir rencontré le prince charmant. L’urgence de l’instant et l’incongruité de la situation vont faire de cette rencontre un moment d’étincelles et d’humanité à nul autre pareil qui forcera Emm à reconsidérer sa vision de l’humanité.
Car Emm profite de cette grève pour se balader sur Terre et rencontrer ceux qu’elle nommait les « cloportes » lorsqu’elle ne faisait que les faucher en une demi-seconde. Pourtant, en les regardant vivre, aimer, donner naissance, se détester, s’entraider, interagir, … , force lui est de constater qu’ils sont somme toute très attachants. Surtout cette jeune femme qui, alors qu’elle a bien conscience qu’elle va bientôt mourir (un cancer en phase terminale, ça ne pardonne pas) et qu’elle souffre le martyr, consent à l’aider (oui oui, elle aide la Mort !) alors qu’elle ne la connait pas et s’obstine à aimer et à croire en l’avenir. Et que dire de ce médecin en services de soins palliatifs qui, soudain, s’émancipe de la coup de sa redoutable mère et s’engage de toute son âme dans une relation amoureuse qu’il sait éphémère avec cette même cancéreuse en phase terminale rencontrée au détour d’un couloir et d’une bagarre ? Non, il faut bien qu’Emm se l’avoue : si tous les humains sont à l’image de ces deux là, alors son jugement depuis des siècles est erroné, et sa fonction de faucheuse pas si ingrate qu’elle n’y paraissait.
C’est donc un roman plein d’humour et d’esprit que nous offre Marie Pavlenko, assorti d’une réflexion sur la mort drôle mais perspicace. Les personnages, dont la Mort, sont touchants, profondément humains, attachants. Ils évoluent et interagissent de façon intelligente et convaincante. Alors non, La mort est une femme comme les autres ne sera pas le meilleur roman que j’aurais lu récemment, mais il reste indubitablement un très agréable et divertissant moment de lecture, qui a le mérite de poser beaucoup de questions et de faire sourire. Après tout, n’est-ce pas essentiel ?

Sweetie