« La Vallée du Lotus rose » de Kate McAlistair (L’Archipel) * une lecture sans surprise mais qui tient ses promesses

Nous sommes en 1918. Alors que la Guerre fait rage sur le vieux continent, c’est un tout autre péril qui menace Jezebel, orpheline élevée dans un internat pour jeunes filles d’Angleterre : son parrain, dont elle est la pupille depuis la mort de ses parents, a décidé de lui faire traverser le monde à sa rencontre, pour un de ces mariages arrangés dont l’aristocratie britannique a encore le secret au début du 20ème siècle. Arrachée à son environnement, Jezebel embarque pour une aventure qui débute sur un luxueux paquebot et la conduira en Inde alors même que cette colonie anglaise rêve de se libérer du joug colonialiste. Des palais du maharadja aux confins des plantations d’opium, du luxe des réceptions à l’européenne à la violence des attentats contre l’occupant britannique, Jezebel va découvrir tout à la fois la violence des hommes et l’amour, l’amitié indéfectible et la peur viscérale.

Kate McAlistair nous offre une intrigue attendue et cousue de fil blanc, mais sauvée par un écrin magnifique : ses descriptions de l’Inde du début du 20ème siècle font rêver, lumineuses, colorées, et servent de décor à une description haute en couleurs mais sans concession d’une colonie sur le point de se soulever et d’une société européenne qui s’arcboute sur ses possessions orientales alors même que la Grande Guerre la laisse exsangue et transformée. Tout comme l’aristocratie à laquelle elle appartient, Jezebel est soumise aux diktats sociaux – mariage arrangé, racisme, statut, rang à tenir, … – mais résolue à s’en affranchir – par une éducation avant-gardiste, une liberté sentimentale chèrement acquise. Sans surprise, on se prend tour à tour à l’envie et à la plaindre, à l’admirer ou à vouloir la secouer, …. Mais parfois, pas besoin d’être surpris pour passer un bon moment !

Le contrat est rempli : le roman (fleuve) se lit bien, nous fait voyager, rêver au prince charmant, à l’amour romantique, frissonner, …. Bref, si vous aimez ce genre littéraire, laissez-vous emporter !

« Voisin, Voisine » d’Angela Behelle (J’ai lu pour elle) – Lecture plaisir

Sur les conseils de quelques lectrices convaincues par la plume et l’univers d’Angela Behelle, nous avons décidé de nous aussi nous laisser tenter et de savourer… Si vous saviez jusqu’à quel point !

Andréa est une jeune professeure de collège et traductrice à ses heures pour l’édition. Elle vit une vie bien réglée, qui la satisfait – évidemment, être célibataire à son âge n’était pas tout à fait ce qu’elle avait imaginé, mais somme toute, ce n’est pas un désagrément insurmontable. Pourtant, le jour où l’appartement en face du sien est acheté et rénové par un homme sublime, elle se prend à rêver et à fantasmer sur ce que la vie pourrait être si elle était désirée par un tel spécimen… Jusqu’au jour où elle croise son regard par-dessus leur tasse de café respective et que son univers bascule : entrainée par Marc dans un monde de sensations et de sensualité qu’elle n’avait jamais soupçonné, Andréa se livre corps et âme à cet homme qui entreprend d’adorer son corps et de l’honorer au travers d’un jeu de séduction torride et passionné. Portée par Marc, Andréa se libère et se découvre, explorant avec lui des sensations et des jeux sexuels auxquels elle se laisse prendre. Et si pour vivre cette histoire de passions et de sexe elle doit accepter de questionner des valeurs et des limites qu’elle considérait comme fixes, soit… Jusqu’où ira-t-elle pour vivre cette histoire et conserver Marc dans ses bras ?

Angela Behelle, tout comme Andréa, explore les règles du plaisir avec sensualité et justesse, abordant aussi certains ‘tabous’ pour mieux nous interroger sur leur fondement  et nous rappeler qu’en termes de sexualité et de plaisir, seules nos propres frontières (et celle de notre partenaire) existent. Avec tact, elle rend hommage à l’abnégation de chacun des deux partenaires désirant combler l’autre et pour cela acceptant d’être à son entière écoute (et disposition) et met en scène une histoire d’amour et de plaisir passionnée – tout en décomplexant une pratique sexuelle libre, ludique, débridée. Marc révèle la femme fatal en Andréa… nous faisant nous interroger (rêver ?) de celle que nous renfermons.

Au-delà des apparences calmes et réfléchie, Andréa s’avère être une femme capable de surprendre et désireuse de l’être, dévouée et impatiente, mais qui jamais n’accepte de donner plus qu’elle ne se l’est fixé – quant à Marc, ne nous leurrons pas : nous rêvons toutes d’un tel voisin… même si comme Andréa nous ne nous l’avouons pas.

PS : Public averti

« La bonne fortune d’Elisabeth Wellington » de Robin Lee Hatcher (Archipoche) * Nouveau départ, nouvelles passions

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Elisabeth a tout quitté : fille d’une noble famille anglaise, elle a fui un mariage arrangé, ses repères et un avenir tout tracé pour s’installer en Amérique, où elle espère pouvoir se façonner une nouvelle vie. Pourtant, à bord du paquebot qui l’emmène à l’autre bout du monde, elle se rend compte qu’elle n’a en mains que très peu d’éléments : un peu d’argent, la lettre d’une petite fille du Montana avec laquelle elle entretient une correspondance régulière où est inscrit que son village attend l’arrivée d’une institutrice avec impatience, et la conviction qu’elle est celle-ci. En somme, rien qui ne puisse la préparer à l’aridité de ce Nouveau Monde, à ses coutumes si différentes, à ses habitants au parler atypique et qui ne voient pas tous arriver cette jolie jeune femme seule d’un bon œil. Elisabeth va alors se rendre compte que dans le Montana comme en Angleterre, ce sera à elle de prendre les rênes de sa vie si elle ne désire pas qu’un autre ne s’en charge.

Lorsqu’Elisabeth choisit, à la mort de son père, de fuir, elle se lance un défi : elle se mariera par amour et deviendra actrice de sa vie. Et comme si le destin l’avait prise au mot, elle doit dès son arrivée chez la petite Janie s’affirmer : le père de l’enfant, Garrett, n’est en effet pas ravi de voir arriver cette jeune Lady dont il craint qu’elle ne détourne de lui sa fille ; les femmes du village se sentent menacée par cette étrangère aux manières raffinées et au sourire charmant ; devenir institutrice va exiger d’elle qu’elle passe des examens mais aussi qu’elle parvienne à accaparer l’attention de ses élèves et se fasse respecter par certains ; remettre sa maison en état va l’obliger pour la première fois à laver, récurer, jardiner, et lessiver. Mais surtout, il va rapidement lui falloir contrôler les élans de son cœur, qui risque de s’avérer son plus grand ennemi : comment maitriser la passion qu’elle a ressenti dès sa première rencontre avec Garrett ? Cédera-t-elle à la raison en acceptant les avances courtoises d’un autre homme ? Guérira-t-elle des terribles blessures qu’elle a rapporté d’Angleterre ?

La bonne fortune d’Elisabeth Wellington – dont on regrette, il faut le dire, un titre bien peu attrayant ! – est un très bon roman féminin, qui se lit avec facilité et plaisir. Le personnage d’Elisabeth est très sympathique, et on perçoit rapidement sous ses manières de dame une nature impulsive et passionnée. Garrett, authentique cowboy, est un père célibataire attachant et entièrement dévoué à sa petite fille, l’adorable Janie ; s’il refuse d’être plaint, on lui découvre un passé compliqué et largement responsable des blessures qu’il porte secrètement et qui, d’emblée, se dressent comme une barrière face à Elisabeth. Laisseront-ils la passion les emporter, ou la raison triomphera-t-elle ?

L’auteure parvient à peindre la nature impitoyable du Montana, superbe mais impitoyable ; on découvre avec plaisir la vie d’un village d’éleveurs de bétail de la fin du 19ème siècle, les inimitiés mais aussi la solidarité des habitants d’une communauté restreinte et isolée. Tous les ingrédients sont là pour un roman envoûtant qui, s’il ne fera probablement pas date, offre un beau moment de lecture.

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire » de Stéphanie Pélerin (Mazarine) * une romance feel good à partager entre filles

Vous n’avez pu passer à côté de ce roman paru mi-juin ! Avouez que vous l’avez vu partout et que vous vous étonniez que nous ne vous en ayons pas encore parlé…. Et bien nous y voilà : nous sommes en quelque sorte la « piqûre de rappel » qu’il faut à ceux qui n’auraient pas encore acheté/lu ce roman très frais idéal pour l’été et qui parle tellement bien de nous, mesdames !

Ivana est une jeune femme plus si jeune mais qui, jusqu’à ce que son homme ne la quitte, n’avait pas tellement pris conscience du passage des années. Du jour au lendemain, elle tire un trait sur ses désirs de famille et … ses désirs de femme. D’une nature sensuelle, elle décide que cette rupture sera pour elle l’occasion de redonner une chance à son corps qu’elle avait quelque peu négligé au fil du temps et de réaliser ses fantasmes. Aidée de ses inséparables amies et forte d’une nouvelle motivation, Ivana plonge à corps perdu dans une nouvelle vie pleine de rencontres, d’hommes musclés et un tantinet ringards, de copines fêtardes et infaillibles soutiens, et surtout rythmée par une nouvelle confiance en elle bâtie sur les ruines de son ancienne vie.

Avec beaucoup de sensibilité et une lecture intelligente de la nature féminine, Stéphanie Pèlerin nous livre une romance moderne qui fait du bien et nous offre une nouvelle amie, cette jolie Ivana dont nous admirons la détermination et qui, pour celles qui vivraient ainsi des moments charnière de leur vie, devient un véritable modèle (bon, vous n’êtes pas forcément obligées de sauter sur vos collègues ou l’agent immobilier hein ? C’est une image J ) de courage ordinaire.

(Preque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire est une romance agréable et facile à lire, l’un de ses textes que l’on se partage entre amies sur la plage ou autour d’un verre et qui ne manquera pas de vous donner le sourire. Merci Stéphanie !20160608_164154 (1)