Les chemins de la destinée, tome 2, les années du silence, Louise Tremblay d’Essiambre, Editions Charleston

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Dans le tome 2 de cette trilogie passionnante, nous retrouvons avec plaisir Jérôme et Cécile, nos deux héros séparés par la guerre. 40 ans après leur séparation forcée, et peu après que Cécile ait retrouvé leur fille qu’elle avait été contrainte d’abandonner, ils se retrouvent par hasard en France sur une plage de Normandie. 40 ans ont passé. Cécile s’est mariée, a élevé un fils, est devenue veuve. Jérôme a vécu la guerre, y a survécu, et paralysé par une amnésie qui a duré plusieurs années, il a vécu sous le nom de Philippe dans un monastère.

Alors qu’ils ont tous deux presque 60 ans, réussiront-ils à se retrouver ? A retrouver l’amour qui les animait à 20 ans ? Car chacun a vécu des épreuves douloureuses, mais ils n’ont pourtant jamais cessé de  penser l’un à l’autre. Passeront-ils le cap pour construire ce qui aurait dû l’être, pour s’aimer de nouveau ?

La deuxième partie du roman nous emmène dans la vie de François, le petit-fils de Jérôme et Cécile. Enfant difficile, adolescent entrainé dans la drogue, François devient un jeune homme, un mari, un travailleur de rue. Il veut aider et surtout permettre au jeune Sébastien de trouver sa place dans la société, lui qui a choisi délibérément la rue après une enfance traumatisante. Parviendra-t-il à lui redonner toute la confiance en lui et en autrui nécessaires ? Lire la suite

« Les ailes d’émeraude, 2: L’Exil » d’Alexiane de Lys (Nouvelles Plumes) * Une suite résolument plus sombre

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Nous vous avons hier présenté Les ailes d’émeraude d’Alexiane de Lys, chronique dans laquelle vous avez constaté sans aucune ambigüité notre coup de cœur pour ce roman young adult. Cass, Gabriel et ses amis m’avaient séduite et j’avais dévoré ce premier tome passionnant et très rythmé. J’ai donc acheté ce deuxième tome en y plaçant beaucoup d’espoir, espérant retrouver la plume d’Alexiane de Lys et son univers fabuleux, et intriguée par le titre, L’Exil. Ne faisons pas durer plus longtemps le suspense : ce deuxième tome a tenu toutes ses promesses !

Nous retrouvons en effet Cassiopée, plus que jamais déterminée à retrouver Gabriel, l’amour de sa vie, et à contrer les machiavéliques projets de son père Manassé, qui s’est donné comme mission d’éradiquer le peuple des Myrmes. Chef des Parques, le peuple ennemi des Myrmes, cet homme dont elle a récemment appris qu’il était son géniteur est un personnage détestable dont elle veut plus que jamais se distinguer et sur le chemin duquel elle se dresse pour protéger son peuple d’adoption – qui ne le lui rend pas forcément. Son retour dans le villagemyrme ne se passe en effet pas comme elle l’avait espéré et sans la présence de Gabriel, disparu en mission, Cassie se retrouve bien seule face à des individus qui lui sont ouvertement hostiles. Et ce ne sont pas les révélations que lui réserve Leo, jeune Myrme enlevé par les Parques et de retour auprès des siens, qui vont simplifier la vie de la jeune femme – tout en lui permettant enfin de s’expliquer certaines situations et sensations, elles la mettent en danger de mort, tout comme ses proches, dont certains vont payer le prix fort. Et ce qu’elle va apprendre va une nouvelle fois l’obliger à tirer un trait sur certaines de ses certitudes et l’entrainer dans une spirale dangereuse et déstabilisante.

Alexiane de Lys nous remmène dès les premières lignes dans ce monde qu’elle a si bien imaginé et peuplé, et qui m’avait conquise dès le premier tome. Avec une plume toujours aussi efficace et un style encore plus affuté, l’auteure nous entraine une nouvelle fois dans l’univers fantastique dans lequel évoluent ses personnages – un univers foisonnant qui articule le monde des Myrmes et le nôtre avec talent. Pourtant, tout en s’inscrivant dans la lignée du premier tome, l’auteure parvient à renouveler efficacement son intrigue, donnant une dimension plus guerrière au personnage de Cassiopée. Résolue, elle affronte les dangers seule ou entourée par ses amis, découvrant la responsabilité d’avoir en charge la sécurité, voire la vie, de ceux qui lui sont proches, et la culpabilité de parfois échouer. Son personnage est plus torturé, plus sombre, tout comme l’intrigue ; on frissonne, on a les larmes aux yeux, on tremble et on se sent soutenu ou trahi page après page. Cassiopée et ses amis découvrent donc indéniablement la réalité de la guerre et l’horreur de ses méthodes, mais continuent aussi d’expérimenter la préciosité de l’amour, de l’amitié, de la loyauté. L’équilibre est parfait, la lecture haletante et passionnante. Bref, ce deuxième tome est une véritable réussite et nous rappelle que le talent n’attend pas le nombre des années !

« Les étoiles de Noss Head – Rivalités » de Sophie Jomain (Rebelle Editions) – on adhère toujours!

Bon, je n’ai pas résisté à me jeter sur le deuxième volume des Etoiles de Noss Head. Comme j’avais beaucoup apprécié le premier, aucune raison d’attendre, n’est-ce pas ? Et quelque chose me dit que je vais rapidement me procurer le troisième !!

Car les aventures garollesques de Leight et d’Hannah, que nous avions laissés alors qu’amoureux ils savaient qu’ils allaient suivre l’année scolaire à venir ensemble à St Andrews, fac réputée écossaise, et donc pouvoir poursuivre leur romance. Après avoir affronté ensemble de multiples et divers obstacles, et alors qu’Hannah s’est habituée à l’idée qu’un univers surnaturel existait bel et bien, les deux tourtereaux sont résolus à vivre une histoire et une scolarité les plus ordinaires possibles. Pour autant, Sophie Jomain ne l’entend pas de cette oreille et mêle donc rapidement à leur histoire d’autres protagonistes (amis ou ennemis) et une rivalité ancestrales avec des créatures aussi séduisantes et puissantes que les loups-garous : des vampires. Les deux espèces se détestent depuis des siècles, mais ont conclu à St Andrews une sorte de trêve leur permettant de se haïr sans pour autant se nuire. Un pacte qui, malheureusement pour Hannah, ne tient qu’à un fil ; et tout aussi malheureusement, la jeune femme refuse de regarder son petit ami et des amis qu’elle s’est faits sur le campus et qui appartiennent au clan rival se battre sans tenter d’apaiser les tensions. Elle en paiera d’ailleurs le prix, bien plus élevé qu’elle n’aurait pu se le figurer….

Sophie Jomain s’attache à nouveau dans Rivalités à nous faire partager toute sa passion et toute sa connaissance des éléments essentiels et centraux de l’intrigue : les digressions concernant l’histoire de St Andrews sont passionnantes et la description des locaux, de l’architecture, des traditions de cette université fréquentée par d’illustres étudiants du monde entier (Kate et William s’y sont rencontrés, rien que ça !) témoignent d’une connaissance poussée des lieux et de l’établissement. De la même façon, l’auteure alterne entre utilisation des codes et attributs habituels et facultés des créatures fantastiques mises en scènes (loup-garous, vampires, …), caractéristiques et pouvoirs qu’elle-même leur assigne. Le résultat est tout à la fois original et personnel à Sophie Jomain et suffisamment familier pour être rassurant pour le lecteur.

A nouveau, les développements de l’intrigue sont passionnants (même si pour certains ils sont assez faciles à anticiper  pour un lecteur averti…) et l’évolution de l’histoire d’amour d’Hannah et Leight ne manquera pas de ravir les lectrices ; l’auteure les entoure d’une multitude de personnages beaux, sexys, torturés, cyniques, dangereux, séduisants, redoutables, …  et les fait évoluer dans un contexte remarquablement développé, tissé d’héritages complexes et de rivalités ancestrales, d’inimités traditionnelles et assimilées par les jeunes gens sans même qu’ils ne les réfléchissent – ce qu’Hannah, que nous commençons à cerner, ne saurait accepter sans tenter de faire entendre raison aux uns et aux autres. Amours impossibles, amitiés compliquées, incompréhensions séculaires, vengeances sanglantes, … Sophie Jomain réinvestit tous les codes du genre et nous livre un deuxième tome aussi passionnant que le premier, qui élargit encore l’univers de sa série et l’enrichit, lui ouvrant dans les 20 dernières pages des horizons étourdissants pour un troisième tome (et un quatrième ? et un autre ensuite ?).

Sweetie