Je suis une femme, Nicolas Sorez

 

Après le cri du crapaud, Nicolas Sorez revient avec ce recueil de nouvelles intitulé « Je suis une femme ». 12 nouvelles. Dans chacune d’elle, l’histoire d’une femme. Des années 1800 à notre époque, la période importe peu car même si les histoires sont différentes, la finalité elle, reste la même ; une sorte d’apologie de la femme. Lire la suite

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« Quand tu descendras du ciel » de Gabriel Katz (Le Masque) * de L’Opéra à Venise

Benjamin trouve décidément que Noël revient trop rapidement. Cette année encore, il n’a pas tellement de projet et parce qu’il faut bien vivre, a accepté une mission à l’Opéra de Paris où il va toute la soirée faire ouvrir les sacs des spectateurs endimanchés. Pas passionnant, mais au moins ça paie bien. Un peu blasé notre ami, jusqu’à ce qu’il se transforme en chevalier servant pour arracher une jolie danseuse des griffes d’un admirateur un peu collant. De fil en aiguilles, Ophélie – joli prénom ! – va lui expliquer que depuis quelques temps, elle est victime d’un mystérieux fan qui lui adresse des SMS qui ne laissent aucun doute : il la suit partout, la photographie en tous lieux et est bien décidé à lui prouver qu’il est l’homme qu’il lui faut. N’écoutant que son courage (et son cœur d’artichaut), Benjamin décide de se faire garde du cœur… Bon, ok, il espère aussi qu’elle finira par craquer pour lui autant qu’il en pince pour elle. Vaste programme,  d’autant plus complexe que d’inexactitude en vrais mensonges, le voilà propulsé au rang d’ancien agent spécial reconverti dans la sécurité privée – et donc parfait rempart contre le corbeau et les autres menaces qu’il ne va pas tarder à identifier… Mais dans quoi s’est-il encore fourré ?

Gabriel Katz propose dans ce nouveau roman une plongée dans le monde impitoyable des danseurs et de l’Opéra : coups bas, pressions, harcèlement, compétition, … Si vous ne le saviez pas encore, c’est l’occasion de découvrir à quel point ce microcosme qui fait tant rêver peut devenir un véritable cauchemar. Sur les pas d’Ophélie et Benjamin, l’auteur nous entraine dans une intrigue qui nous fera voyager de Paris à Venise et côtoyer tout à la fois les paillettes de l’Opéra et les pires mafiosi vénitiens. Vous ne comprenez pas la transition ? Hônnetement, je me suis un peu perdue aussi (et n’accusez pas seulement mon sens de l’orientation lacunaire) ; si j’ai aimé l’intrigue qui s’étoffe et qui va crescendo, je l’ai au final trouvée décousue et quelque peu incohérente. Les transitions sont peu convaincantes, et il m’a parfois semblé tomber dans la caricature (du mafieux italien, du séducteur plein aux as qui roule les R, …). Attention, je ne vous dis pas que je n’ai pas aimé – seulement si vous aimez les intrigues qui tiennent la route, celle-ci va peut-être vous surprendre. Pour ma part (et peut-être toujours à cause de ce fameux sens de l’orientation inexistant), j’ai aimé me laissé balader et j’ai accepté de bonne grâce ces changements inopinés de direction.

Quand tu descendras du ciel ne me laissera donc certes pas un souvenir impérissable, mais j’ai passé un très bon moment et me suis laissée entrainée avec plaisir. Après tout, n’est-ce pas propre d’un bon roman ?

Luna & Pedro, la récolte du cacao, Artisans du monde pour le texte et Séverine Bourguignon pour les illustrations, Editions Grandir

Luna et Pedro vivent en Bolivie, sur le plateau de l’Alto Béni. C’est le mois de mai et la récolte des cabosses, les fruits des cacaoyers, va pouvoir commencer. Comme tous les habitants, les deux enfants vont y participer.

Récemment, après avoir farfouillé dans la dvdthèque familiale, mes filles se sont mises aux dessins animés des années 80. Après Princesse Sarah, les voilà fans des Mystérieuses cités d’or. Il n’y a pas à dire le générique fait toujours son effet ! Afin de prolonger la découverte des cultures d’Amérique du Sud, nous avons cherché des livres en rapport soit avec les civilisations évoquées (incas, mayas,…), soit avec les pays traversés par les héros dans leur quête. Lire la suite

Drôle de karma, Sophie Henrionnet, City éditions

Joséphine se définit comme une fille ordinaire, moyenne, rien à voir avec celles qu’elle appelle « les ballerines de la vie », à qui tout réussit. Mais depuis quelques mois, elle a repris confiance en elle grâce à Jules, son petit ami. Mais la roue tourne, et avec le karma de Joséphine, elle ne fait pas semblant de tourner…Ainsi, en quelques jours, sa vie bascule : elle découvre que son Jules a eu le coup de foudre pour une autre femme, se fait licencier, se fait voler son sac à main et cambrioler sa maison, puis sa voisine Astrid meurt brutalement devant elle, terrassée par un pot de fleurs. Lire la suite

« Louis, un soldat Poilu » de Laurent Bègue (Illustrations Patrick Le Borgne ; éditions Belize) * In Memoriam

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De passage au salon Histoire de lire de Versailles fin novembre, j’ai rapidement été fascinée, dans l’espace Jeunesse, par les aquarelles d’un dessinateur placé un peu au fond, et qui était absorbé dans ses couleurs. En me rapprochant, j’ai pu voir qu’avec 4 pinceaux (je crois) et quelques carrés de couleurs, il dessinait puis peignait le portrait d’un soldat vêtu et coiffé de bleu – qu’il dédicaça à un certain Augustin, qui devait passer récupérer son exemplaire un peu plus tard. Et c’est surtout pour prolonger ces moments magiques de création que je me suis portée volontaire pour, à mon tour, me faire personnaliser un exemplaire (oui à moi, et non à un enfant de mon entourage !). Si c’est donc en premier lieu les superbes illustrations (et la gentillesse et la modestie de Patrick Le Borgne) que j’ai remarquées à propos de cet album, elles accompagnent également parfaitement un texte extrêmement bien pensé, intelligent et pédagogique, que j’ai découvert juste après

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Sous la plume de Laurent Bègue, j’ai ainsi rencontré Louis, soldat de la Grande Guerre, au dernier jour des combats, presque au moment de l’Armistice (« le 11ème jour du 11ème mois à la 11ème heure »). Alors que j’avais déjà eu l’occasion de lire en jeunesse des romans sur la vie dans les tranchées, c’est ici surtout le défi de la démobilisation et du retour à la vie civile qui est narré : l’attente pour rentrer chez soi, les transports bondés, le retour dans des villages décimés, parmi des familles endeuillées, la société marquée par l’horreur et sensiblement transformée, l’envie d’aller de l’avant tout en se souvenant – ce devait être « la Der des Der ». On l’oublie parfois, mais la fin de la guerre n’a pas marqué la fin des difficultés pour les soldats et leurs familles et c’est ici ce que Laurent Bègue a développé, sans pour autant rentrer dans la polémique ou le pathos. Son récit est factuel, très humain, et servi par un vocabulaire à la fois précis et accessible. Il a d’ailleurs reçu le label ‘Centenaire 14-18’.

Louis, un soldat Poilu – La journée du 11 novembre 1918 est donc un album que je vous recommande alors que la France, l’Europe et le Monde commémoreront l’an prochain les 100 ans de l’Armistice en l’absence de tout survivant.