La mélodie de l’été, Debbie Macomber, Editions Charleston

La chambre d’hôtes La Villa Rose à Cellar Cove tient son nom de sa propriétaire Jo Marie Rose. Veuve depuis quelques années, elle s’est relevée grâce à ce projet et se consacre entièrement à ses hôtes. Ce weekend, elle attend plusieurs personnes et s’en réjouis d’avance.

La jeune Ellie, 23 ans, vient passer le weekend à Cellar Cove pour rencontrer pour la première fois Tom, un jeune homme qu’elle a connu sur un site internet. Cela fait des mois qu’ils échangent et elle pense être tombée amoureuse. Faire le pas de le rencontrer est une grosse étape pour elle, d’autant qu’elle le fait au grand dam de sa mère, protectrice qui l’a toujours trop couvée et mise en garde contre les hommes suite à son mariage dont l’issue fut un fiasco. Tom sera-t-il à la hauteur des espérances d’Ellie ?

Maggie et Roy ont laissé leurs deux enfants pour s’offrir un weekend en amoureux. Un moment qu’ils comptent bien mettre à profit pour discuter de leur couple et de leur avenir. Car celui-ci ne s’annonce pas tout rose depuis un évènement particulier, et Maggie a une révélation à faire qui risque de bouleverser leurs vies.

Jo Marie sera là pour les accueillir et les aider comme elle peut, tout en essayant de mettre de côté l’attirance qu’elle éprouve pour Mark, son meilleur ami et homme à tout faire. Lire la suite

Au fond de l’eau, Paula Hawkins, Editions Sonatine

Après le gros succès de la fille du train, c’est un plaisir de retrouver Paula Hawkins et son écriture délicate et pleine de suspense avec un deuxième roman à la hauteur du premier.

Julia et Nel sont deux sœurs que tout a toujours opposé. Nel était celle qui brillait, la lumineuse petite puis la jeune fille belle, mince, entourée d’amis. De quatre ans sa cadette, Julia vivait dans son ombre, timide, ronde, se dévalorisant sans cesse. A 17 et 13ans, un évènement fait basculer à tout jamais leur relation déjà fragile.

Désormais adulte, Julia s’est totalement désintéressée de sa sœur et refuse le moindre contact de Nel. A ses appels incessants, elle ne répond jamais. Une semaine après la dernière tentative de Nel, celle-ci est retrouvée morte dans la rivière de Beckford, la ville où elles ont grandi. Julia est obligée d’y retourner. Reconnaissance du corps. Rencontre avec sa nièce de 15 ans, Lena. Retour dans la maison de leur enfance. Retour plusieurs années en arrière. Retour à sa peur de la rivière.

Julia a toujours eu peur de celle-ci, et elle va devoir à nouveau l’affronter. Car derrière le prétendu suicide de sa sœur se cache une vérité bien plus terrifiante qui concerne le bassin aux noyées, le surnom de ce bras de rivière qui a déjà accueilli de nombreuses femmes avant Nel… Lire la suite

« La Tresse » de Laetitia Colombani (Grasset) * édifiant

La tresse, c’est avant tout une histoire de femmes, une histoire de vie, de celle qu’on lit avec espoir, avec passion, avec le cœur. L’une de ces histoires qui nous font dire que tout n’est pas perdu, qu’il reste des individus qui croient en leur rêve et saisissent leur chance, des auteurs qui parviennent à enchanter nos vies l’espace de quelques heures de lecture. Et des lecteurs suffisamment passionnés pour se laisser entrainer à la suite de 3 femmes disséminées sur la Terre, mais qui, irrémédiablement, font partie de nos vies et de leur écriture.

Alors oui, la trame n’est pas tellement originale – 3 femmes qui, face à l’adversité, se révèlent et s’accrochent aux valeurs qui les façonnent depuis toujours ; non, ces femmes, aussi extraordinaires soient-elles, ne font pas face à des épreuves exceptionnelles (mais bien seulement à celles liées à leur contexte familial, social) aussi effrayantes qu’elles soient ; non ces femmes ne cherchent pas à révolutionner leur temps, à soulever leurs semblables. Mais Smita, l’Intouchable Indienne résolue à sauver sa fille, Giulia, la Sicilienne propulsée à la tête de l’entreprise familiale, et Sarah, la working girl mère de famille canadienne sont toutes à leur façon des héroïnes dont, imperceptiblement, les destins sont liés. La beauté de ce roman ne réside donc pas dans ces destins, mais dans la manière dont l’auteure, en véritable artiste, parvient à les tresser, à les lier. Ces trois femmes fortes, bien que malmenées et terrifiées, voient leurs histoires admirablement tissées par une auteure talentueuse et sublimées par une écriture maitrisée (même si parfois un peu diluée par des phrases attendues, convenues), poétique.

A une époque où la tendance est au repli sur ses propres préoccupations (manque de temps, de volonté ou faute de même y songer), Laetitia Colombani nous rappelle qu’il n’y a rien de plus beau que de participer à la vie de l’autre – consciemment ou non – et que c’est en étant soi-même qu’on contribue le mieux au bien-être de tous. A méditer.

 

Marie d’en haut, Agnès Ledig, Pocket

Olivier débarque en pleine campagne comme lieutenant de gendarmerie dans la brigade du coin. Sa première enquête de routine a lieu chez Marie, une jeune agricultrice qui s’occupe seule de son domaine. Celle-ci est loin de se faire impressionner par un flic débarqué de la ville qui ne connait rien aux animaux.

Olivier apprécie immédiatement cette résistance qu’elle lui oppose, et cette carapace qu’elle s’est créée, qui dissimule ses points faibles. Car Marie s’occupe seule du domaine, élève seule sa fille Suzie, et le seul sur qui elle puisse toujours compter est Antoine, son meilleur ami.

Olivier va s’intégrer naturellement à leur vie, mais non sans mal ; Antoine protège Marie depuis toujours et ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de cet étranger et le rapprochement qui se joue entre lui et Marie… Lire la suite

« Follow me back » de A.V Geiger (Collection R) * dérangeant, fascinant, effrayant

Inutile de le cacher : j’ai en premier lieu accepté ce roman prêté par Mathieu (n’est-ce pas que je vous en parle pas mal les derniers temps : c’est un vil tentateur !) parce que j’étais curieuse. Non seulement je l’ai vu chroniqué de nombreuses fois, mais il a eu une façon de me le présenter plutôt… énigmatique. Cependant, j’ai bien pris soin de le débuter sans avoir lu la 4ème de couverture ou les différents papiers… Et je pense que ce fut une bonne chose.

Car Follow me back est un roman dont le scénario ne présente a priori pas tellement d’originalité : une jeune fille – Tessa – agoraphobe commence à suivre sur le célèbre réseau social à l’oiseau une star de la chanson – Eric. Si elle le trouve effectivement beau, le suivre est aussi l’une des facettes de sa thérapie : puisqu’elle ne peut plus sortir de chez elle et que même passer le seuil de la maison où elle vit avec sa mère est impossible, cette « vie » sur les réseaux constitue son ouverture sur le monde et sa seule possibilité d’interaction et d’échange avec l’extérieur. Sur Twitter, Tessa s’invente une vie où ses problèmes sont soigneusement relégués dans un coin de son esprit et cachés et où elle admire Eric Thorn, ce jeune prodige de la chanson. Des milliers de personnes « la suivent », la sollicitent pour commenter avec elle les actualités de la star, « aiment » ses twitts, … Son rêve : qu’Eric un jour fasse lui aussi partie de ses followers. Bien cachée derrière son écran, Tessa en est sûre : avec le temps et les bienveillants conseils de sa thérapeute et d’une inconnue cachée derrière un énigmatique pseudo, elle va guérir et reprendre une vie normale. Mais arrive-t-il vraiment que la vie que l’on s’invente et la vit que l’on subit se recoupent et se superposent ? A s’afficher sur Twitter, est-il vraiment possible de rester anonyme ? Et surtout : les mensonges proférés sous pseudo sont-ils moins graves que si nous les prononcions face à ceux à qui nous les tenons ?

Au-delà de l’intrigue et des personnages – qui, pour le coup, ne sont pas très originaux -, c’est bel et bien la réflexion sur les réseaux sociaux qui fait tout l’attrait de ce roman et tend à le transformer en thriller psychologique. Sous des scènes et des conversations apparemment banal (souhaiter être suivi par toujours plus de personnes, réfléchir en mots clés et hashtags, mettre en scène sa vie, communiquer en 140 caractères, transformer ce que l’on est pour se forger un profil attractif, …), on perçoit rapidement quelque chose de beaucoup plus insidieux. Des zones d’ombres qui, si elles ne s’affichent pas sous forme de @, de hashtags, conduisent à un inattendu dénouement. Car parlons de la fin : dérangeante, effrayante, elle nous appelle à reprendre la lecture dès le début pour trouver des indices qui pourraient expliquer cette incroyable scène finale ! Et elle nous laisse profondément mal à l’aise, à la fois impatient de connaître la suite et redoutant de nous êtes laissés prendre au piège et de devoir accepter que sous les apparences les plus anodines se cachent des prédateurs redoutables

Follow me back parvient donc, tout en reprenant les codes attendus en YA, à les retourner complètement pour nous offrir un thriller fascinant et dérangeant – l’occasion aussi de nous interroger (ou d’interroger nos ados) sur l’utilisation des réseaux sociaux. Car là comme ailleurs, les conséquences de nos posts, tchats, MP et autres confidences sont réelles.